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CHÂTEAU ROCHER
(Puy-de-Dôme)

XIème et XIIème siècles
Ouvrage militaire, seigneurie ~ style médiéval

63560 - Menat
 

DATES ET HORAIRES DES VISITES
___

En raison de sa dégradation, le château a été provisoirement fermé au public.
Des travaux seront prochainement effectués
Association Château Rocher : Blot Rocher - 63440 - Saint Rémy de Blot
ContactTéléphone04 73 97 95 32

 

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HISTOIRE


Cette puissante forteresse, aujourd'hui en ruine, date des XIème et XIIème siècles. Sa position stratégique, dominant les gorges de la Sioule, lui permettait d'assurer la surveillance de toute la région environnante et en particulier le passage du vieux Pont de Menat, unique passage sur la Sioule entre Ébreuil et Châteauneuf.

Depuis 1964,  une  association  dynamique  entreprend de consolider et de mettre en valeur les ruines du château, en organisant des manifestations sur le site. Aujourd'hui encore, le spectacle de ces murailles découpées sur l'horizon aperçues depuis le fond des gorges de la rivière, reste saisissant

Au Moyen Âge, la vallée de la Sioule constituait une voie de pénétration entre l'Auvergne et le Bourbonnais, et de ce fait revêtait une grande importance stratégique. Château rocher fut construit au XIIème siècle par un Seigneur de Bourbon. Il défendait le vieux Pont de Menat, seul passage sur la Sioule entre Châteauneuf et Ebreuil. Abandonné à la fin de XVIIIème siècle, Château Rocher à subi les caprices du temps. Depuis 1964, l'association Rempart, puis une association locale et maintenant la Communauté de Pays du Canton de Menat s'efforcent de mettre le site en valeur.

ORIGINES

Le château est rattaché au bourg voisin de Blot-le-Rocher dont les origines demeurent mystérieuses. Dans la seconde moitié du XIXème siècle, l’abbé Rougeyron évoquait l’existence de Château Rocher dès le VIIème siècle puisqu’un certain "Blotius" aurait restauré le "Castellum Blotii" dont l’existence reste à prouver. Aujourd’hui la présence de Château-Rocher dès le Haut Moyen-âge est remise en question. Le récit de l’abbé Rougeyron s’inspire en grande partie d’une légende locale.
Si la présence de Château-Rocher appartient plus à la légende qu’à l’histoire, il est tout à fait concevable d’envisager un pouvoir centralisé dans cette partie de la vallée de la Sioule à cette époque.

Tout porte à croire, aujourd'hui, que la construction de Château-Rocher revient au seigneur de Bourbon Archambaud le Fort aux environs de 1078-1095. Ce dernier l’aurait élevé au rang fief puis cédé en apanage à l’un de ses fils Pierre de Blot. Cette première construction, aujourd’hui englobée dans la partie nord du château, avait l’aspect d’une tour aux angles arrondis, mesurant neuf mètres de long pour six mètres cinquante de large, agrémentée d’une cheminée à foyer central et de deux ouvertures en meurtrières. La hauteur reste indéfinie mais comportait au moins deux niveaux. Cette tour était prolongée à l’Est par un corps de bâti donnant à l’édifice une forme de "L". Étant donné les nombreuses phases de constructions ajoutées aux restaurations plus récentes, il est difficile d’imaginer l’aspect exact du château de Pierre de Blot. De plus, la datation de la cheminée reste problématique puisque tout porte à croire qu’elle daterait plutôt de la fin du XIIème siècle, soit un siècle après le début de la construction. Il est également possible qu’une construction du XIème siècle ait été totalement absorbée dans une enveloppe plus tardive. Château-Rocher, quelque fut sa forme, occupait alors un emplacement hautement stratégique.

En effet, du haut de son éperon rocheux, il surveillait la Sioule mais surtout le pont de Menat, point de passage sur l’axe Clermont – Bourges. Les seigneurs de Blot avait alors installé un péage afin d’en contrôler le passage. Dans la vallée, les abbés de Menat en firent de même. Ainsi, lorsque l’on voulait traverser la Sioule, il fallait payer deux droits de passage. Plusieurs décennies furent marquées par une constante rivalité entre l’abbé et le châtelain, dans l’unique but d’affirmer la supériorité de l’un vis-à-vis de l’autre. Ils se livrèrent à une compétition aux allures macabres n’hésitant pas à exposer les cadavres gisants ou à faire déplacer leurs pendus. Le lieu-dit Malmouche est une réminiscence de cette époque : il évoque l’odeur et la présence des mouches sur les cadavres.

ARCHITECTURE

L'accès au château s'effectuait en trois temps. Il fallait d'abord franchir la première porte se trouvant dans la basse-cour puis, de là monter au château et pénétrer par un pont mobile en maçonnerie franchissant le fossé et une porte percée dans l'enceinte extérieure. Enfin, il fallait franchir la barbacane d'entrée afin d'arriver à la porte principale et son pont-levis. Trois autres tours complétaient ce dispositif. Aujourd'hui, le château est en ruines, mais depuis 1964, l'Association Château-Rocher a entrepris des travaux de consolidation. L'accès au site est gratuit toute l'année. En juillet et août, l'Association Château-Rocher propose des visites guidées le mardi et le vendredi ainsi que des visites aux flambeau.

LA LÉGENDE (*)

Aurélia, la prisonnière de Château Rocher (VIIème siècle) Ménélée, le saint abbé restaurateur de l'abbaye de Menat, avait, selon la légende, une jeune sœur de 18 ans, si belle qu'elle attirait les regards partout où elle se montrait. Aurélia, c'était son nom, était douée des plus rares qualités du cœur et de l'esprit, mais avait, cependant, refusé d'embrasser l'état monastique comme l'aurait souhaité le saint abbé. Lors d'une visite à Saint Bonnet, évêque de Clermont et grand ami de Ménélée, Aurélia fit la connaissance de Fabien, héritier d'une des plus nobles familles de la ville. Ce Fabien avait 25 ans, la taille avantageuse, le caractère généreux. Il était doté d'un tempérament vif et hardi et n'écoutait que trop fréquemment son penchant à la domination et à la colère. Ainsi pendant ses parties de chasse, il arrivait souvent que, ne respectant point la propriété d'autrui, il s'était vu condamné à de forts dédommagements envers des particuliers dont les cultures avaient été ravagées par sa meute.

Par le passé, il s'était abandonné à des désordres qui firent rougir de honte sa famille et ses proches. Mais, réprimandé par les siens et tancé par l'évêque de Clermont qui était un de leurs proches, il avait compris l'énormité de son inconduite et avait fait un grande effort sur lui-même afin de mener une vie honnête et exempte de scandale. Il s'était donc fort assagi et persévérait dans cette voie, lorsqu'il rencontra Aurélia dans les salons de l'évêché, lors d'une visite de Ménélée et de ses proches au bon évêque de Clermont...

Fabien fut frappé par la beauté de la jeune fille et s'en éprit immédiatement. Il lui fit connaître, quoiqu'en termes respectueux, la violence de ses sentiments. Aurélia, charmée, ne le repoussa point, et l'écouta même avec la plus grande complaisance. Quelques jours plus tard, de retour à Menat, Ménélée décida de renvoyer Aurélia à Précigné, leur terre natale : là, sous la tutelle d'un vieil oncle, elle régirait les biens paternels jusqu'à ce qu'elle trouvât un établissement convenable.

Il chargea donc une troupe de zélés serviteurs de raccompagner sa sœur en Anjou. Cette troupe était dirigée par un homme vénérable, ami de Ménélée et de sa famille, qui avait le souci de préserver son intérêt et son bonheur comme s'il se fût agi de ceux de sa propre maison. Aurélia ne pouvait être remise à une garde plus sûre et plus dévouée. Elle devait partir le lendemain de très bonne heure et ne put se résoudre à quitter l'Auvergne sans revoir une dernière fois Fabien, ou du moins lui écrire. Le jeune seigneur venait de temps à autre, sous prétexte de chasse, à son château situé près de Menat, château qui lui était échu en partage à la mort récente de son père, et, de là, il guettait l'occasion de communiquer avec Aurélia. La veille de son départ, celle-ci l'en informa et lui laissa entendre que c'était avec le regret le plus vif qu'elle quittait l'Auvergne, où elle laissait les êtres les plus chers à son cœur.

Fabien, désolé de l'éloignement de sa tendre amie et craignant de ne plus jamais la revoir, n'écoute que l'emportement de sa passion et, cédant à la fougue de son caractère, prend une résolution extrême: il assemble à la hâte ses domestiques et quelques fermiers de ses terres, il les arme, se met à leur tête et va se placer avec eux en embuscade dans les bois des environs de Menat, au milieu desquels Aurélia devait nécessairement passer pour retourner en Anjou. C'était au mois de Juillet, au plus fort des chaleurs de l'été. Aurélia et ses guides s'étaient mis en route de bon matin et marchaient depuis une heure à peine lorsqu'il furent assaillis par une troupe armée. Le protecteur d'Aurélia et ses gens, croyant être tombés entre les mains de pillards et de bandits leur opposèrent d'abord une vive résistance; mais se voyant inférieurs en nombre et jugeant qu'on n'en voulait point à leur vie, ils cessèrent bientôt de se défendre...

*Source : Histoire et Légendes de la Vallée de Menat, Jacqueline PINEL,  aux Éditions Le moulin du Gué-Chaumeix


Classé monument historique le 20 janvier 1913.

 

■ Visite(s) conseillée(s)


• La ville de Menat
• Le Musée de la paléontologique à Menat

Mais aussi...

• L'Abbaye cistercienne
• L'arboretum du Bois des Brosses : arboretum "forestier" comportant des espèces de boisement complétées, en1998, par 3 espèces de "parc arboré" (2 séquoias et 1 ginkgo)
• Le pont Roman : il fut, pendant de longues années, le seul passage entre les deux rives de la Sioule

18.04.2018

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